La traduction poétique est sans conteste l'un des domaines les plus fascinants et les plus complexes de l’activité traduisante au sens large. Elle ne se limite pas à transférer un texte d'une langue à l’autre, mais elle relève aussi nombre de défis liés à la forme, au contenu et aux émotions que ce même texte souhaite susciter chez le lecteur. Tout d'abord, il faut rappeler que latraduction poétique se heurte au problème de la langue qui est, bien entendu, le point de départ de tout processus traductif.
La traductologie la plus récente semble avoir définitivement fait fi de l’éternel paradoxe lié à l’impossibilité ontologique de la traduction : la poésie serait impossible à traduire car il y aurait trop d’éléments incontournables dont on serait bien obligés de faire le deuil. Or, la poésie, hier comme aujourd’hui, nous semble suivre sa vocation foncièrement universelle et se réjouire de ses metamorphoses multilingues. Sans forcément s’en trouver trop mal, comme le prouvent les études recueillies dans ce volume.